Intranet : trop de messages et pas sur les bons écrans selon Jean-Paul Chapon (Société Générale)

Voici une interview très interessante de Jean-Paul Chapon, responsable de la communication digitale et de la E-réputation à la Société Générale, menée par Bretrand Duperrin, président de Nextmodernity.

 Globalement, nous voyons bien que les entreprises peinent de plus en plus à informer leurs salariés et à leur faire passer les messages : surabondance d’informations, multiplication des canaux (internes et externes), temps d’attention réduit (8sec. d’attention maximum contre 12sec en 2000)…

Face à ce constat désarmant que faire ? Voici une vision très interessante de la communication numérique de demain :


 

” Bertrand Duperrin : On voit beaucoup de directions de la communication à la peine face aux questions que pose les nouveaux médias, codes, et usages qui font irruption dans l’entreprise. Qu’en penses tu ?

Jean-Paul Chapon : Oui effectivement et le constat est clair.

Tout d’abord les gens sont sur-sollicités. Entre les différents intranets, les outils de travail, les messages des uns et des autres, affichage-dynamiquede l’interne comme de l’externe…ils ne savent plus où donner de la tête et finalement les messages sont peu lus et encore moins assimilés.

Ensuite on ne les atteint pas sur les bons écrans. L’écran du poste de travail est encombre, surchargé. Et je ne parle même pas de ceux qui, de par leur métier, ont un poste de travail spécifique, orienté métier comme dans les agences ou les salles de marché. Chaque cm2, chaque pixel est utilisé au mieux en fonction de leurs impératifs et besoins métier. Y ajouter quelque zone que ce soit pour y faire passer un message de plus serait déjà très difficile et, surtout, contreproductif d’un point de  vue métier. Aujourd’hui l’écran de l’ordinateur n’est peut être pas le meilleur endroit pour faire passer un message.

Jean-Paul Chapon
Jean-Paul Chapon

BD : Qu’est ce ce que cela implique pour les communicants aujourd’hui ?

J.-P. C : Il y a un renversement du flux. Ca n’est plus à l’utilisateur d’aller au message mais c’est au message d’aller à l’utilisateur. Le bon message, au bon moment, sur le bon écran. L’époque où on se satisfaisait d’amener tout le monde de force sur la home page de l’intranet est révolue. Cela fait gonfler les statistiques mais ne montre rien que l’objectif, un message délivré et compris, est atteint.

Note personnelle : cela me rappelle une vieille citation attribuée à tellement de monde que son origine première reste indéterminée pour moi. Mais dès le milieu des années 2000, devant les changements de comportements induits par la multiplication des medias sociaux on voyait une évolution des comportements et des gens qui disaient :

« si la nouvelle est importante, elle me trouvera« 

BD : Quelles pistes pour faire face à ce changement ?

J.-P. C : J’en vois deux principales, qui d’ailleurs se complètent. D’abord le mobile, ensuite les « moments calmes ».

iphoneLe mobile car c’est le nouvel écran, celui où il est le plus simple de « pousser » quelque chose pourvu que ce soit pertinent et contextualisé. Les moments calmes car ce sont ceux où l’attention est disponible. Le collaborateur devant son poste de travail a l’esprit pris par une foule de chose. Alors qu’il y a des moments où l’attention est plus relâchée et où il a le temps de prendre connaissance d’un message. C’est d’ailleurs la manière dont nous utilisons nos mobiles pour la plupart : profiter d’une file d’attente, de l’ascenseur, des transports…pour lire « à tête reposée », si l’on peut peut s’exprimer ainsi, ce qu’on a pas le temps ou l’opportunité de lire derrière son ordinateur.

La communication d’entreprise ne soit plus être subie mais choisie. Cela implique un travail sur la pertinence en fonction du contexte. “

Lire la suite sur le Bloc-note de Bertrand Duperrin

 

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